Sujets corrigés, anciennes épreuves, formation et concours d'entrée à l'IFORD

13 novembre 2017 – L’urgence de réunir les fonds nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le changement climatique, notamment pour soutenir l’action des pays en développement, a été au centre de la Conférence de l’ONU sur le climat (COP 23) lundi à Bonn, en Allemagne.

« Nous avons besoin que tous les acteurs financiers – publics, privés, nationaux, internationaux – y compris les marchés et les régulateurs, travaillent ensemble pour mobiliser au moins 1.500 milliards de dollars de financement climatique nécessaire chaque année », a déclaré Eric Usher, responsable de l’Initiative finance au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Des représentants de haut niveau de l’ensemble du secteur de la finance ont mis en avant leurs efforts pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, qui consistent à maintenir la hausse moyenne de la température mondiale bien au-dessous de 2 degrés Celsius et aussi près que possible de 1,5 degré Celsius.

Ils ont rappelé que chaque dollar investi dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation au changement climatique soutient également directement le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de la communauté internationale.

Le financement climatique progresse à un rythme plus rapide

Selon le Secrétariat de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les financements pour le climat sont fournis à un rythme plus rapide que jamais, avec des marchés dynamiques pour les énergies renouvelables, les véhicules électriques, et les bâtiments écologiques et une ‘agriculture intelligente’ en forte croissance.

De même, le secteur financier est davantage conscient des risques que présentent les changements climatiques pour ses investissements actuels et la nécessité d’ajuster ses portefeuilles pour s’éloigner des actifs à forte intensité de carbone afin de réduire ces risques.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour garantir les financements et les investissements à l’échelle requise pour arriver à une économie mondiale entièrement dé-carbonée et résiliente au changement climatique d’ici 2050.

« Le potentiel d’investissements respectueux du climat dans des domaines tels que l’énergie propre et l’agriculture intelligente est énorme », a déclaré Laura Tuck, Vice-présidente du développement durable à la Banque mondiale. « La clé est de faire en sorte que l’argent circule afin que tout le monde puisse bénéficier d’investissements sobres en carbone et résilients au changement climatique ».

Augmenter la prise de conscience des investisseurs

Peter Damgaard Jensen, PDG de la société de retraite danoise PKA et président du Groupe des investisseurs institutionnels sur le changement climatique (IIGCC), a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il était « extrêmement important qu’il y ait une hausse significative de la prise de conscience et des mesures prises par les investisseurs pour la transition … vers une économie à faible émission de carbone ».

« De solides signaux d’investissement de la part des décideurs politiques concernant le commerce du carbone, l’énergie, les transports et les bâtiments sont essentiels pour débloquer le capital nécessaire », a-t-il ajouté.

Des membres de la société civile africaine et des membres de parlements africains se sont exprimés aujourd’hui sur l’urgence du financement de la lutte contre le changement climatique comme condition préalable à une action ambitieuse dans les pays africains.

« L’Afrique est le continent qui pollue le moins » mais « c’est l’Afrique qui souffre le plus des effets du changement climatique », a déclaré lors d’une conférence de presse, Roger Nkodo Dang, Président du Parlement panafricain, l’organe législatif de l’Union africaine.

Dans un entretien avec ONU Info, il a ajouté que les pays développés avaient le devoir de fournir un soutien supplémentaire aux Africains pour leur développement vert. « Si vous nous dîtes ‘ne coupez pas le bois’, nous disons, ‘vous nous amenez l’électricité’ », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas une faveur, c’est une compensation ».

14 novembre 2017 – Alors que des millions de personnes à travers le monde ont souffert d’événements météorologiques extrêmes ces dernières semaines et ces derniers mois, un partenariat international a été annoncé mardi à la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP 23), à Bonn, en Allemagne, pour fournir une assurance à des centaines de millions de personnes vulnérables et pour accroître la résilience des pays en développement face aux effets du changement climatique.

En 2017, les événements météorologiques extrêmes ont causé plus de 200 milliards de dollars de dégâts dans le monde entier, les ouragans, les sécheresses et la montée du niveau de la mer ayant ravagé des communautés vulnérables avec une fréquence et une intensité accrues. Face à des coûts financiers en forte hausse, de nouvelles formes de protection financière sont devenues de plus en plus urgentes.

Le Partenariat mondial InsuResilience est une version élargie de l’initiative InsuResilience lancée par le G7 en 2015 sous la présidence allemande. D’ici 2020, il fournira une assurance à 400 millions de personnes vulnérables supplémentaires.

Le Partenariat mondial réunit désormais les pays du G20 en partenariat avec les pays du V20. Le V20 est un groupe de 49 pays les plus vulnérables, y compris des petites îles comme Fidji, qui assure la Présidence de la COP 23.

« Le Partenariat mondial est une réponse pratique aux besoins de ceux qui subissent des pertes à cause du changement climatique », a déclaré le Président de la COP 23 et Premier ministre fidjien, Frank Bainimarama.

L’annonce est intervenue la veille du segment de haut niveau de la COP 23, auquel chefs d’État et de gouvernement, ministres, et le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, doivent participer mercredi 15 novembre.

Une contribution de l’Allemagne de 125 millions de dollars

Thomas Silberhorn, un haut responsable du Ministère allemand de la coopération économique et du développement, a annoncé une contribution de 125 millions de dollars au nouveau partenariat dans le cadre du lancement d’aujourd’hui. Cela fait suite à l’engagement de 30 millions de livres sterling annoncé par le gouvernement britannique en juillet 2017.

« L’assurance contre les risques climatiques est une réponse au fait que les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus graves et menaçante. C’est aussi une réponse au fait que la communauté internationale et les pays touchés par les événements météorologiques extrêmes ont tendance à agir après ces incidents et à intervenir trop tardivement et de manière insuffisante », a dit M. Silberhorn lors d’une conférence de presse.

« Notre intention est donc d’agir de manière plus préventive, d’agir à temps et d’agir de manière décisive afin de réduire l’impact des événements météorologiques extrêmes. L’assurance est un outil pour relever ce défi », a-t-il ajouté.

Le Partenariat mondial soutient l’analyse des données et des risques, l’assistance technique et le renforcement des capacités selon les besoins et les priorités des pays, la conception de solutions concrètes de financement et d’assurance des risques, un soutien intelligent pour la mise en œuvre de ces programmes, ainsi que pour leur évaluation.

« Cette initiative nouvelle et ambitieuse représente un exemple brillant de ce qui peut être accompli lorsque des gouvernements, la société civile et le secteur privé joignent leurs efforts avec créativité et détermination pour apporter des solutions », a déclaré Patricia Espinosa, Secrétaire exécutive de la Convention Cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC).

Le Fonds d’assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes (CCRIF), par exemple, dispose du soutien d’InsuResilience. L’exemple le plus récent de soutien remonte à septembre 2017, quand plus de 55 millions de dollars ont été versés à dix pays des Caraïbes en 14 jours après que les ouragans Irma et Maria ont dévasté ces îles. L’argent a été utilisé de diverses manières, par exemple pour acheter rapidement des médicaments dont le besoin se faisait pressant et pour construire des abris d’urgence pour les personnes touchées par les tempêtes.

En Zambie, InsuResilience soutient la société cotonnière NWK Agri-Services, qui offre une assurance directe contre les intempéries et une assurance-vie aux petits agriculteurs sous contrat. En 2015, quelque 52.000 agriculteurs ont décidé d’acheter une assurance. Suite à une sécheresse majeure en 2016, plus de 23.000 agriculteurs ont reçu des paiements.

27 novembre 2015 – La fréquence et la gravité des sécheresses, inondations, tempêtes et autres calamités induites par le changement climatique se sont intensifiées au cours des trente dernières années, augmentant les dégâts au secteur agricole de nombreux pays en développement avec le risque d’une croissante insécurité alimentaire, met en garde l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Selon un nouveau rapport publié par la FAO, de 2003 à 2013 (la période faisant l’objet de l’étude) le nombre moyen de catastrophes par an provoquées par tous types de catastrophes naturelles, y compris de phénomènes liés au climat, a quasiment doublé depuis les années 1980. Les dommages économiques totaux s’élèveraient à 1,500 milliards de dollars.

En examinant plus particulièrement sur l’impact des catastrophes liées au climat dans les pays en développement, quelque 25 pour cent de l’impact économique s’est répercuté sur les seuls secteurs de l’agriculture, de l’élevage, des pêches et des forêts. Pour ce qui est de la sécheresse, plus de 80 pour cent des dégâts et des pertes ont touché le secteur de l’agriculture, en particulier des cultures et de l’élevage.

Le rapport de la FAO se fonde sur un examen de 78 évaluations sur le terrain des besoins après la catastrophe conduites dans les pays en développement, associé à des analyses statistiques des pertes de production, des changements de flux commerciaux et de la croissance du secteur agricole suite à 140 catastrophes de moyenne ou grande ampleur – c’est-à-dire affectant au minimum 250 000 personnes.

Le rapport montre clairement que les risques naturels – en particulier les phénomènes météorologiques extrêmes – ont une lourde incidence sur l’agriculture et entravent les efforts d’éradication de la faim, de la pauvreté et la réalisation du développement durable.

Il y a de fortes probabilités que la situation s’aggrave si des mesures ne sont pas prises pour renforcer la résilience du secteur agricole et accroître les investissements afin de doper la sécurité alimentaire et la productivité et réduire les effets nocifs du changement climatique.

« Pour cette seule année, les petits paysans, pêcheurs, éleveurs et les populations tributaires des forêts et des arbres – de Myanmar au Guatemala, de Vanuatu au Malawi – ont vu leurs moyens d’existence sérieusement entamés ou engloutis dans les cyclones, sécheresses, inondations et séismes »», a indiqué le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

Il a fait remarquer que la communauté internationale s’est récemment engagée à atteindre les Objectifs de développement durable et le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes 2015-2030 et devrait parvenir à un accord sur le changement climatique à la COP 21 à Paris. Il faudra des informations actualisées et précises, notamment sur l’impact des catastrophes, pour mesurer les progrès accomplis vers l’atteinte de ces buts mondiaux, a souligné M. Graziano da Silva.

« Les stratégies nationales de prévention des risques de catastrophes et d’adaptation au changement climatique soutenant la résilience doivent affronter les types de catastrophes ayant le plus grand impact sur le secteur agricole, a affirmé le Directeur général. Il a souligné que les données sectorielles sur les dommages et pertes sont capitales pour des politiques et pratiques efficaces», et que l’étude de la FAO entend contribuer aux efforts nationaux, régionaux et mondiaux de mise au point de systèmes intégrés de collecte et de suivi sur les catastrophes.

La sécheresse est particulièrement préjudiciable à l’agriculture en Afrique subsaharienne, où elle provoque 90% environ des pertes de production du secteur qui contribue en moyenne à un quart du PIB, voire à la moitié, en incluant l’agroalimentaire. Selon des estimations prudentes, les pertes totales pour les cultures et l’élevage après de graves sécheresses s’élevaient à plus de 30 milliards de dollars entre 1991 et 2013 dans la région.

La sécheresse provoque souvent un effet domino sur les économies nationales, comme par exemple, au Kenya, où de 2008 à 2011, elle a causé de graves pertes au secteur agroalimentaire, en particulier aux minoteries et aux industries de transformation du café et du thé.

De nombreux pays d’Asie sont particulièrement vulnérables à l’impact des inondations et des tempêtes. Par exemple, les pertes de production agricole causées par les inondations de 2010 au Pakistan ont directement affecté l’égrenage du coton, la transformation du riz, les minoteries et sucreries, alors que les importations de coton et de riz montaient en flèche. Dans ce cas, le secteur agricole a essuyé 10 pour cent environ des 10 milliards de dollars de pertes et dommages totaux.

Face à la hausse constante de la demande en eau à travers le monde, un recours plus systématique au recyclage des eaux usées paraît inéluctable, estime le Rapport mondial des Nations Unies présenté mercredi à Durban, en Afrique du Sud.

Selon ce rapport de l’ONU-Eau intitulé ‘Les eaux usées, une ressource inexploitée’ et coordonné par le Programme mondial d’évaluation des ressources en eau de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), les eaux usées pourraient constituer « un nouvel or noir ».

« Les eaux usées représentent une ressource précieuse dans un monde où l’eau douce disponible est limitée et la demande en hausse », déclare Guy Rider, Président de l’ONU-Eau et Directeur général de l’Organisation internationale du travail (OIT). « Chacun doit faire sa part pour atteindre l’Objectif de développement durable consistant à diviser par deux le niveau des eaux usées non traitées et promouvoir la réutilisation d’une eau sûre d’ici 2030. Il s’agit de gérer l’eau avec soin et de recycler celle qui est rejetée par les ménages, les usines, les fermes et les villes. Nous devons tous recycler davantage les eaux usées pour satisfaire les besoins d’une population en augmentation et préserver les écosystèmes ».

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a jugé pour sa part « essentiel d’accroître l’acceptation sociale de l’utilisation des eaux usées afin de favoriser le progrès dans ce sens ».

Un enjeu pour la santé et l’environnement

Aujourd’hui encore, une bonne part des eaux usées est rejetée dans la nature sans être ni collectée ni traitée. C’est particulièrement vrai dans les pays à faible revenu qui traitent en moyenne 8% des eaux usées, contre 70% dans les pays à haut revenu. De fait, dans de nombreuses régions, des eaux chargées de bactéries, de nitrates, de phosphore ou de solvants se déversent dans les cours d’eau, les lacs et pour finir, dans les océans, avec des conséquences graves pour l’environnement et la santé humaine.

Or, le volume des eaux à traiter devrait encore augmenter de manière significative dans les années à venir, notamment dans les villes à forte croissance démographique des pays en développement. Le traitement des eaux usées est l’un des plus grands défis associés au développement de l’habitat informel (bidonvilles) dans le monde en développement.

La pollution aux pathogènes, issus des déjections humaines ou animales, affecte près d’un tiers des rivières en Amérique latine, en Asie et en Afrique, mettant la vie de millions de personnes en danger. En 2012, 842.000 décès étaient liés à une eau contaminée et des installations sanitaires inadaptées dans les pays à faible et moyen revenu. L’absence de traitement favorise aussi la propagation de certaines maladies tropicales telles que la dengue et le choléra.

Les solvants et autres hydrocarbures produits par les activités industrielles et minières ainsi que les rejets de nutriments (azote, phosphore et potassium) issus de l’agriculture intensive et des déchets animaux accélèrent l’eutrophisation des sources d’eau douce et les aires marines. On estime aujourd’hui à 245.000 km2 la superficie des écosystèmes marins affectés par ce phénomène. Le déversement de ces eaux polluées favorise également la prolifération des algues nuisibles qui ont pour effet un recul de la biodiversité.

Des égouts jusqu’au robinet

L’eau recyclée représente une ressource encore largement sous-exploitée qui peut être réutilisée de très nombreuses fois. Aux Etats-Unis, on estime ainsi que l’eau des plus grands fleuves qui traversent le pays a été utilisée vingt fois avant d’atteindre la mer.

C’est dans l’agriculture que l’utilisation des eaux usées est aujourd’hui la plus répandue. Mais cette pratique se heurte à des problèmes sanitaires lorsque l’eau contient des pathogènes qui peuvent contaminer les cultures. Le défi consiste donc à passer de l’irrigation informelle à une utilisation planifiée et sécuritaire, comme c’est le cas en Jordanie depuis 1977 : 90% des eaux usées traitées y sont utilisées pour l’irrigation. En Israël, près de la moitié des terres irriguées le sont avec une eau recyclée.

Dans le domaine industriel, de grandes quantités d’eau peuvent également être réutilisées, par exemple dans les processus de refroidissement ou de chauffage, au lieu d’être rejetées dans l’environnement. En 2020, on estime que le marché du traitement des eaux industrielles devrait augmenter de 50%.

Même si la pratique est plus marginale, l’eau traitée peut aussi servir à alimenter le réseau d’eau potable. La capitale de la Namibie, Windhoek, en fait l’expérience depuis 1969. Pour faire face aux pénuries récurrentes, la ville a mis en place des infrastructures qui traitent jusqu’à 35% des eaux usées qui viennent ensuite alimenter les réserves d’eau potable. Les habitants de Singapour ou de la ville de San Diego (Etats-Unis) boivent également une eau recyclée.

Un tel processus peut rencontrer la résistance des populations, réticentes à l’idée de boire une eau considérée comme souillée. Un projet de réutilisation de l’eau pour l’irrigation et les fermes aquacoles en Egypte, mis en place dans les années 1990, a ainsi échoué faute de soutien de la population.

Un gisement de matières premières

Alternative à l’eau fraîche, les eaux usées constituent aussi un gisement potentiel de matières premières. L’évolution des techniques de traitement permet désormais de récupérer certains nutriments, comme le phosphore et les nitrates, dans les eaux d’égouts ou les boues d’épuration. On estime que 22% de la demande mondiale en phosphore pourrait être satisfaite grâce au traitement des urines et des excréments humains. Déjà, certains pays, comme la Suisse, imposent la récupération de certains nutriments comme le phosphore.

La production de biogaz est également envisageable à partir de l’énergie chimique contenue dans les substances organiques des eaux usées. Au Japon, le gouvernement s’est donné comme objectif la récupération de 30% d’énergie à partir des eaux usées d’ici 2020.

Si de telles technologies avancées sont hors de portée des pays en développement, des solutions de traitement à bas coût existent. Elles ne permettent pas d’obtenir une eau potable mais peuvent produire une ressource valable pour d’autres usages, comme l’irrigation. Par ailleurs, la vente des matières premières issues des eaux usées est un moyen de faire baisser davantage les coûts de traitement de l’eau.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a insisté jeudi sur la menace que représente le changement climatique pour la planète et la nécessité pour la communauté internationale de lutter contre cette menace.

« Le changement climatique est une menace sans précédent et croissante – pour la paix et la prospérité et aussi pour les Objectifs de développement durable (ODD) », a déclaré M. Guterres lors d’une réunion de haut niveau sur le changement climatique et le Programme de développement durable à l’horizon 2030, au siège de l’ONU à New York.

« Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone continuent d’augmenter. Elles dépassent maintenant le seuil critique de 400 parties par million. L’année dernière a été une fois de plus la plus chaude jamais enregistrée. La décennie passée a également été la plus chaude jamais enregistrée. La banquise est à un niveau historiquement bas. Le niveau de la mer est à un niveau historiquement élevé », a-t-il ajouté.

Selon le chef de l’ONU, cette tendance est incontestable. « Il n’y a plus de doute. L’activité humaine provoque un réchauffement planétaire dangereux. Ce n’est pas une question d’opinion. Les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme depuis des années. Leur travail a été revu et approuvé par tous les gouvernements du monde à travers le Groupe intergouvernemental d’experts sur le changement climatique », a-t-il souligné.

Selon lui, il est clair qu’il faut agir. « L’action a été lente, mais il y a un peu plus d’un an, à Paris, le monde a agi de manière décisive. L’Accord de Paris sur le changement climatique est unique en son universalité. Chaque gouvernement l’a signé », a-t-il noté.

Cet accord adopté en décembre 2015 est entré en vigueur moins d’un an après. À ce jour, plus de 130 parties l’ont ratifié et « ce chiffre augmente chaque mois ».

« Les Nations Unies s’engagent à aider tous les États membres à mettre en œuvre l’Accord de Paris et le Programme 2030 », a déclaré M. Guterres. « L’action climatique est une nécessité. C’est aussi une occasion claire de faire progresser tous nos efforts pour atteindre les objectifs de développement durable ».

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Peter Thomson, a souligné de son côté que l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a confirmé que le monde se dirigeait actuellement vers une hausse de 3 à 4 degrés Celsius des températures mondiales.

« L’Organisation météorologique mondiale a déclaré qu’avec des mesures ambitieuses et urgentes, il serait possible de limiter les températures mondiales en dessous des seuils les plus dangereux. Mais cela exigera une pensée novatrice, de la persévérance et une volonté ferme de réussir de la part de nous tous », a dit M. Thomson lors de la réunion de haut niveau.

« Cela exige également que nous soyons tenus responsables de nos actes et que nous respections nos engagements », a-t-il conclu.

La pénurie d’eau, l’assainissement inadéquat, les mauvaises pratiques d’hygiène et les maladies constituent une menace supplémentaire pour les enfants gravement malnutris au nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen, a mis en garde mercredi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Dans les quatre pays menacés par la famine, près de 27 millions de personnes dépendent d’une eau insalubre, ce qui, pour les enfants malnutris, peut conduire à des maladies diarrhéiques mortelles.

« La combinaison de la malnutrition, de l’eau insalubre et des mauvaises conditions sanitaires déclenche un cercle vicieux dont de nombreux enfants ne se remettent jamais », a déclaré le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, Manuel Fontaine, dans un communiqué de presse. « L’eau insalubre peut causer la malnutrition ou l’aggraver, peu importe la quantité de nourriture ingurgitée ».

Dans le nord-est du Nigéria, 75% des infrastructures d’eau et d’assainissement dans les zones touchées par le conflit ont été endommagées ou détruites, laissant 3,8 millions de personnes sans accès à l’eau potable. Un tiers des 700 établissements de santé dans l’Etat le plus durement touché de Borno ont été complètement détruits et un nombre similaire ne fonctionnent plus.

En Somalie, le nombre de personnes ayant besoin d’un accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans les prochaines semaines devrait passer de 3,3 millions à 4,5 millions, soit environ un tiers de la population. Plus de 13.000 cas de choléra et de diarrhée aqueuse aiguë ont été signalés depuis le début de l’année, soit près de cinq fois de plus qu’au cours de la même période l’an dernier. Les prix de l’eau ont été multipliés par six dans les zones les plus éloignées, les mettant hors de portée des familles les plus pauvres.

Au Soudan du Sud, 5,1 millions de personnes manquent d’eau potable, d’assainissement adéquat et d’hygiène. La moitié des points d’eau du pays ont été endommagés ou détruits. Une épidémie de choléra en juin 2016 a entraîné plus de 5.000 cas de choléra et plus de 100 décès.

Au Yémen, les conflits et les déplacements massifs de population ont laissé au moins 14,5 millions de personnes sans eau potable, assainissement et hygiène de base, tout en causant des dommages aux réseau d’adduction d’eau. Une épidémie de choléra et de diarrhée aqueuse aiguë en octobre 2016 continue de se propager, avec plus de 22.500 cas suspects et 106 décès.

« Nous travaillons sans relâche pour sauver autant de vies que possible », a déclaré M. Fontaine, « Mais sans la cessation des conflits qui affectent ces pays, sans accès durable et libre aux enfants qui ont besoin d’assistance et sans davantage de ressources, même nos meilleurs efforts ne suffiront pas ».