A-  Lire et analyser le sujet

La première démarche à respecter est évidemment de lire le sujet. Lire le sujet, c’est réfléchir sur le sens de chaque mot en les analysant dans le détail. Il est en effet fondamental avant d’initier toute démarche de réflexion, de définir les termes de façon à bien cibler la question ou la problématique à développer. Cette définition du sujet et du champ qu’il recouvre, se retrouvera le plus souvent dans la première partie de l’introduction.

Définir le sujet, c’est automatiquement ouvrir des pistes de réflexion pour y répondre. La définition est une ouverture vers d’autres termes, et donc vers un enchaînement des idées qui constitueront le noyau de la problématique.

Mais définir le sujet suppose de le lire attentivement, ce qui n’est généralement pas fait très consciemment.

A bannir absolument : raccrocher le sujet, par un raccourci hasardeux, à une problématique voisine que l’on connaît bien, mais néanmoins différente.

Chaque sujet est spécifique et différent des autres. Même si des éléments d’un sujet peuvent se retrouver dans le développement d’une autre dissertation il faut se garder de reproduire les mêmes plans. C’est certainement la règle la plus importante à respecter car toutes les autres découleront d’elle. Trop des copies ne répondent pas sujet. Y répondre c’est déjà se distinguer des autres et mettre le correcteur dans de bonnes dispositions.

Par conséquent, lire le sujet c’est passer 5 minutes à réfléchir sans rien écrire, sans faire de renvoie instinctifs à une problématique connue.

B-    Les catégories de sujets rencontrés

 

Grosso modo il en existe deux types

 

1-      Le sujet question : c’est un sujet présenté sous la forme d’une question

 

La première chose à faire est d’y répondre ! Là encore, il est important de ne pas faire d’extrapolation hasardeuse par rapport à ce que l’on croit avoir compris du sujet. Y répondre suppose donc de ne pas tourner autour du pot, ni de rester vague : c’est prendre position dans la première partie du développement.

Pratiquement, tout peut être dit à condition d’avoir des arguments solides. Théoriquement, car l’originalité dans ces sujets souvent assez généralement banalisés et qui renvoie à des problématiques contemporaines n’est pas toujours la bienvenue dans ce type d’épreuve. Il faut tenter de rester assez consensuel et de restituer les débats existant autour d’un sujet.

Par exemple, dans la dissertation « pensez-vous que la principale finalité de l’école soit la formation à l’emploi ? », si vous pensez que ce n’est pas du tout sa finalité alors ne le dites pas sans nuances, arrondissez les angles : restituez la problématique sur les missions de l’école, les arguments de ceux qui sont en faveur d’une grande professionnalisation de l’enseignement, puis exposez votre sentiment en l’argumentant. Le ton doit être mesuré, on ne sait jamais par qui on va être corrigé. Il ne s’agit pas bien sûr de rendre une copie fade, sans thèse argumentée (cf. infra), mais de ne pas non plus être trop manichéen. La mesure n’st pas la neutralité.

Autre exemple de dissertation : « doit-on avoir peur des progrès scientifiques ? » On ne doit pas forcement avoir peur des progrès scientifiques, mais il faut au moins présenter les raisons qui poussent une grande partie de nos citoyens à avoir des inquiétudes. Il y a des thèmes qu’il faut nécessairement aborder car le correcteur s’attend à ce qu’ils le soient. Dans cette dissertation, ce sont au moins les questions d’éthique et de génétique.

Enfin, si la première partie du développement répond à la question, la deuxième donne de la profondeur au sujet : qu’est-ce que la situation décrite entraîne comme conséquence ? Que peut-on faire pour y remédier, pour s’émanciper d’une dialectique ?

2-      Le sujet affirmation : le sujet est une phrase

Ces affirmations peuvent être de deux ordres : dans le premier cas de figure, elle peut être longue et ce sera très souvent le propos d’un auteur, ou même du jury (exemple : la guerre et la continuation de la politique par d’autres moyens ou encoure la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres).

Dans le deuxième cas, elle est généralement courte et fait souvent figurer deux termes principaux reliés par la conjonction de coordination "et" (ex : religion et politique, jeunesse et société, individualisme et solidarité…).

Le sujet est à priori plus libre, la problématique moins guidée que lorsque le sujet est une question. Mais, il peut être légèrement plus difficile car la problématique doit être créée. Il est donc important de développer une thèse et de transformer le sujet en question potentielle.

Exemple de sujet : « religion et politique » : religion et politique sont-elles liés, différentes ou solidaires ? Peut-on concilier deux tendances apparemment contradictoires ?

Là encore, la première partie sera consacrée au développement de la thèse et la deuxième à son élargissement. Le II peut évidemment prendre un léger contre-pied pou nuance le propos (ex : dans le sujet 1, le II montre que toute solidarité n’est pas absente dans nos sociétés fortement individualistes) mais il ne faut surtout pas dire l’inverse de ce que l’on vient de dire dans le I. La nuance n’est pas systématiquement indispensable, tout dépend de la manière dont le plan est conçu. Elle apporte un bémol, elle montre que la réalité n’est jamais irréversible. Il n’est pas indispensable de toujours car au final, sa clarté peut être brouillée. A trop vouloir le lisser, aucune idée forte n’émane de la dissertation.

Compréhension de la consigne

 

Pour une compréhension de la consigne, sachez que :

Expliquer c’est :

-    Donner le sens exact d’un jugement, en montrant sa cohésion, surtout si elle se présente sous forme de paradoxe ;

-    Distinguer les différents éléments d’un problème, en débrouiller toutes les implications ;

-    Faire connaître les causes, les effets, les moyens…

NB : tournure équivalente à expliquer : interrogez-vous sur le sens de ce jugement. Dégagez en le sens de ce propos. Comment comprenez-vous cette affirmation ? Illustrez, justifiez, montrez que… ? Comment… ? Pourquoi… ?

Commenter, c’est :

-   Expliquer d’abord, c'est-à-dire monter l’intérêt, le bien fondé, les conséquences d’une affirmation… ;

-   Souligner ensuite les réserves de la question ;

-   Elargir enfin le débat lorsqu’il est possible de dépasser ce qu’on commente, c'est-à-dire proposer une réflexion différente (cet avis personnel n’es cependant pas formellement exigé, il reste facultatif).

NB : tournure équivalentes au verbe commenter : Quelle est la porte de cette affirmation ? Etudier/analysez cette réflexion. Approfondissez ces propos. Vous direz l’intérêt de cette affirmation.

Apprécier, c’est :

Donner son avis personnel sur le jugement d’un critique.

NB : Tournure équivalente à apprécier : quelles réflexions vous suggère ce jugement ? Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue ? Vous vous demanderez si cette déclaration correspond à votre expérience de lecteur. Cette analyse vous parait-elle satisfaisante ?

 

Discuter, c’est :

-     Analyser le pour et le contre, puis, prendre position, c'est-à-dire donner son avis personnel. C’est donc un cas particulier d’"apprécier".

-     Expliquer la thèse du critique, puis, proposer la thèse contradictoire.

NB : Tournure équivalente à discutez : dites ce que vous pensez de…. Qu’en pensez-vous ?

 

Comparer, c’est :

Montrer les points communs et surtout les différences entre deux concepts. Il n’est pas exclu, ni formellement demandé de prendre parti en justifiant ses préférences.

NB : Tournure équivalentes : demandez-vous ce qui distingue les deux concepts ou notion, ou expression.

 

Indiquer ses références, c’est :

-                       Procéder d’abord à la comparaison

-                       Puis proposer une justification de son choix, même si cela n’est pas explicitement demande.

Remarques :

Prenez le temps qu’il faut pour bien comprendre le sujet, aussi bien le jugement que la consigne imposée ; toute erreur d’analyse, tout contresens, vous serait fatal.

 

 

I-     LE PLAN

 

A-    NECESSITE DES DEUX PARTIES

Le plan recommandé est un plan en deux parties :

-                       la première partie correspond au développement de la thèse, l’explication.

-                       La deuxième constitue la nuance et/ou la conséquence de la thèse développée, puis l’ouverture (piste de réflexion, solution, éventualité).

Les véritables « guerres de religion » entre plan en deux parties ou plan en trois parties n’ont ici pas lieu d’exister. Ces deux parties de plans peuvent se justifier dans les épreuves différentes. Une troisième partie correspondant à une synthèse a plus sa place dans une dissertation d’histoire ou de philosophie.

Dans une épreuve de culture générale, le plan en deux parties est adapté. La meilleure raison, en est que c’est le plan type auquel les correcteurs sont habitués. C’est en outre une construction qui force à la concision et au regroupement des idées. Le II B remplace souvent la partie synthèse développée dans les plans thèse/antithèse/synthèse.

B-    LE PLAN DOIT ETRE DYNAMIQUE

Rappelons qu’il faut absolument bannir les sujets binaires où la première partie est consacrée au développement d’une thèse que la seconde partie s’ingéniera à contredire méthodiquement. C’est ce que l’on appelle les sujets « oui/non) qui n’apportent rien dans la mesure où l’objectif de cet exercice est de faire avancer la discussion et de l’inscrire dans une perspective. Le développement doit au contraire être dynamique et faire avancer la réflexion. C’est le rôle de la deuxième partie qui examine les implications de la thèse développée qui peut tenter de la nuancer, et qui recherche enfin des voies d’amélioration, des évolutions souhaitables à la problématique décrite.

Ainsi, la dynamique du sujet tient au fait que non seulement l’on répond au sujet (sujet-question) ou que l’on développe la thèse (sujet – affirmation), mais que l’on va également au-delà en faisant avancer le débat : nuance, conséquences, évolution… autant d’éléments qui permettent d’inscrire le sujet dans une perspective plus large sans bien sûr s’en écarter.

Enfin, les deux parties de la dissertation vont idéalement contenir deux sous parties symétriques : I-A, I-B, II-A et II-B.

C-    FAIRE LE PLAN

Le plan doit être réalité et détaillé entièrement au brouillon. Il ne s’agit pas de jeter vos idées principales sur le papier et de se lancer dans la rédaction sans construire préalablement plus difficile à réaliser que la rédaction. Un plan réussi, c’est 50% du devoir réalisé.

L’idéal est donc d’abord de lister ses ides en les écrivant en vrac sans les ordonner. Ce n’est qu’une fois cette étape réalisée que l’on pourra commencer à les structurer au travers d’un plan. Cet exercice s’apparente quelque peu à un puzzle : les morceaux sont dispersés et il convient de les assembler dans le bon ordre en trouvant des liens logiques entre eux, et en les inscrivant dans une trame qui les englobe. Le plan ne doit pas être réalisé trop rapidement pour éviter d’oublier des pans importants du sujet.

Il est important de réaliser un plan détaillé qui aille au mois jusqu’au paragraphe (ex : IA1, IA2) voire plus (ex : Ie1 du IA peut contenir deux ou trois idées, cf. dissertations corrigées qui suivent). Il est important de n’avoir qu’une idée principale par paragraphe et un exemple maximum par idée. Cela veut dire en clair qu’il n’est pas recommandé d’utiliser systématiquement un exemple pour illustrer ce que vous dites.

Si vous n’êtes pas pressé par le temps, il est bon d’écrire son introduction au brouillon afin d’éviter le syndrome des feuilles d’examen déchirées au bout de dix minutes parce que l’introduction n’est pas réussite. En revanche, il n’est pas conseillé d’écrire la conclusion au brouillon. Vous n’en aurez pas tout d’abord souvent pas le temps tandis que la rédaction du développement fait souvent jaillir des idées oubliées lors de l’élaboration du plan et qui pourront être abordées dans la deuxième partie de la conclusion (cf. infra).

II-              L’INTRODUCTION

 

C’est souvent la partie de la dissertation qui est la plus appréhendée car il faut bien commencer par dire quelque chose. Il s’agit d’éviter absolument que ce « quelque chose » corresponde à un recueil de généralité sans véritable liens ni cohérence d’ensembles, déconnecté du sujet, et donc de ce que l’on va dire dans le développement. En effet, l’introduction prépare le développement, elle onnonce ce que seront les grandes lignes de la dissertation. Introduire, c’est littéralement faire entrer dans quelque chose, c’est une entrée. Elle doit donc être courte et ciblée. Elle se compose en général de trois parties.

-          La première partie (un paragraphe) définit les termes du sujet : à quoi le sujet renvoie-t-il ?

-         Le deuxième (une ou deux paragraphes) aborde brièvement la problématique qui sera développée. Il convient d’éviter la multiplication des questions pour annoncer la problématique qui doit au contraire être proposée clairement en quelques lignes. Ne pas aborder tous les points qui seront développer par la suite, mais seulement les idées principales ;

-         La troisième partie (deux phrases) est l’annonce du plan qui énonce les quatre sous parties : I-A, I-B, II-A et II-B. elle doit être décalée par rapport aux deux premières parties de l’introduction par un saut d’une ligne (sautez une ligne).

A bannir absolument : annoncer le plan en utilisant la troisième personne du pluriel (nous allons voir dans une première partie…puis dans la deuxième…).

Dans un souci de clarté, et au risque de paraître redondant, la première phrase de votre développement peut prendre en quasi intégralité la première partie de la première phrase d’annonce du plan. Mieux vaut guider le correcteur dès le départ afin qu’il ait des repères.

III-          LE DEVELOPPEMENT

 

A-  La forme

Il est important d’avoir :

-         Deux parties, deux sous-parties

-         Un ou deux paragraphes par idée (ex : I-A-1, I-A-2, I-A-3 = trois idées / 1-A-1-a, I-A-1-b = 2 paragraphes) ; toutefois, une idée peut ne contenir aucun paragraphe si l’inspiration manque pour la développer.

-         Un retrait entre chaque paragraphe pour monter au correcteur que l’on glisse vers une autre idée ;

-         Un saut de ligne entre les sous-parties (A et B), et deux lignes entre les deux grandes parties de la dissertation (I et II) ;

-         Trois transitions entre IA et AB, IB et IIA, IIA et IIB. La transition résume la thèse développée et annonce celle qui va suivre. Cf. dissertation infra ;

-         Des mots de liaison qui servent de transition à l’intérieur d’une partie et d’une sous-partie (ainsi, aussi, donc, en outre, par ailleurs, de plus, de même, par conséquent, d’une part, d’autre part, en somme…).

B-   Le fond

Il ne faut jamais perdre de vue la question posée et la problématique suivie, ne pas s’en écarter en faisant des disgressions trop longues. Votre idée, lorsqu’elle est longue, doit toujours être raccrochée au sujet par une phrase qui conclue (ce que je viens de vous dire montre bien que…).

L’exemple : il en existe deux types : les exemples littéraires ou philosophiques (références et/ou citation), ou les exemples factuels (actualité, évènement connu…). L’exemple sert à illustrer. Un paragraphe commence donc rarement par un exemple. Ce derniers se placent naturellement pendant ou juste après le développement d’une idée, pour renforcer ce que l’on dit, pour donner plus de poids à ce que l’on avance.

Exception : le débat de l’introduction peut démarrer par une citation.

Il ne faut pas céder à la dictature de la citation. Cette dernière n’est pas obligatoire, et une copie peut tout à fait obtenir la moyenne sans citation. Elle apporte néanmoins un plus incontestable lorsqu’elle est bien placée, et permettra éventuellement de distinguer les bonnes copies des très bonnes. Enfin, elle atteste souvent d’un bon niveau de culture générale, et nous comptons bien vous en servir dans les dissertations qui suivent. Faites-en bon usage.

Les deux types d’exemples sont indispensables. Il est en effet bon de mêler les deux types dans une copie, mais attention à ne pas inonder le propos développé d’exemples. Si l’on possède plusieurs références pour illustrer, il est important de n’en mettre qu’une afin de ne pas surcharger la copie et de ne pas étaler sa culture de manière arrogante. C’est avant tout une épreuve de réflexion personnelle même si elle doit obéir à certaines règles. Ce n’est donc pas un concours de connaissances, et vous ne serez pas jugé en fonction du poids de connaissances apportées. Votre principal souci doit être de présenter un développement clair et cohérent, illustré sobrement et justement par des illustrations appropriées. La référence est l’accessoire, elle n’est pas le principal.

 

IV-          LA CONCLUSION

Elle doit se composer de deux parties :

La première résume le développement. Il est important de ne pas dire autre chose que ce qui a été dit dans la dissertation et de ne pas introduire d’idées nouvelles. Il faut synthétiser fidèlement les idées développées préalablement, en 10 ou 12 lignes maximum.

La seconde partie est une ouverture qui permet de développer une idée, en rapport avec le sujet, mais que l’on a pu aborder dans le corps de la dissertation, ou que le plan choisi ne permettait pas d’intégrer. Cette ouverture donne de la perspective et de la hauteur au développement, renvoie à une problématique voisine, pose de nouvelles questions… Elle autorise un certain détachement par rapport au sujet.

V-             LA GESTION DU TEMPS

L’épreuve dure 4 heures.

Le temps indiqué ci-dessous ont évidemment indicatifs, ils donnent des ordres de grandeur, qu’il n’est pas toujours possible de respecter à la lettre.

Lecture du sujet :                                          5mn

Jeter les idées sur le papier :                          20mn

Faire un plan :                                               30mn

Introduction au brouillon :                            10mn

Rédaction :                                                    2h30mn

Conclusion :                                                  15mn

Relecture :                                                     10mn

Dans la mesure du possible, le temps de relecture ne doit pas être sacrifié. Il permet de corriger les fautes d’orthographes souvent négligées au profit du raisonnement, de vérifier la cohérence d’ensemble de certains paragraphes, ou encore de s’assurer qu’aucun mot n’a été oublié. Si une bonne relecture peut rarement faire gagner des points, elle peut, dans tous les cas, vous éviter d’en perdre.

Commentaires   

+1 # saya 22-05-2015 10:25
:lol:
0 # anne BILLE 17-03-2016 13:30
:-) très serviable ce cite il m'est d'une aide immense car je peux désormais m’exercer avant le lancement de mon concours...merci à la personne qui a eu cette ingénieuse idée

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Commentaires