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Quelle(s) appréciation(s) pouvez-vous faire sur la politique de privatisation en cours au Cameroun depuis la crise économique ? Illustrez votre analyse avec des exemples concrets de votre choix.

PLAN DETAILLE

INTRODUCTION

Depuis quelques temps, on parle dans le monde entier du phénomène de privatisation. Il est considéré comme le moyen immuable pour dynamiser une économie donnée. En effet, la privatisation est le fait pour un Etat de céder des entreprises publiques au secteur privé. De nombreux pays adoptent cette logique qui est une solution longtemps prônée par les institutions de Bretton Wood constitués de la Banque Mondiale et du FMI (Fonds Monétaire International) dans les années 80, et visant à rééquilibrer les économies des Etats africains au moyen des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), dont les effets pervers furent remarquables. Aujourd’hui, le phénomène de mondialisation se développe en grande enjambées dans un contexte où les pays africains en général et le Cameroun en particulier ont pour souci majeur la réduction de la pauvreté. De ce pertinent constat, il découle une interrogation forte : quelle est l’importance de la privatisation pour un pays comme le Cameroun ? Nous verrons d’abord les effets positifs du phénomène (première partie) en les classant premièrement sur le plan économique, deuxièmement sur le plan politique. Nous tenterons ensuite de montrer ses effets néfastes. La troisième partie nous permettra de comprendre que la privatisation n’est pas mauvaise en soi, surtout lorsqu’elle est sagement menée.

I-                   EFFETS POSITIFS DE LA PRIVATISATION

A-    Sur le plan économique

1-      Afflux des capitaux

La cession des entreprises publiques par l’Etat procure à celui-ci des capitaux considérables qui pourront lui permettre de résoudre les problèmes cruciaux du pays.

2-      Ouverture vers l’extérieur (mondialisation)

Au Cameroun, plus de 18 entreprises publiques sur 30 sont privatisées. Maintenant, elles sont cédées à des puissants groupes étrangers et principalement, les Français. Ces entreprises sont souvent cotées dans les grands marchés boursiers du monde (bourse de New York, bourse de Paris…).

3-      Création d’un fonds routier

C’est à partir du programme sectoriel de transport que le gouvernement camerounais a décidé d’une politique de privatisation de l’entretien routier. Privatisation de l’entretien routier. Privatisation qui a conduit à la création d’un fonds routier au Cameroun ayant permis de développer un tissu d’entreprises de travaux public qui n’existaient pas parmi les PME viables.

4-      Revalorisation des compétences nationales

D’après Jérôme Obi Eta Ministre de Transport en (2001), 80% des PME camerounaises ont gagné près de 230 marchés sur l’entretien routier. De plus, les appels d’offres, des projets d’entretiens routiers qui nécessitent, de gros moyens financiers et techniques sont soumissionnés par les entreprises étrangères à condition qu’elles soient associées aux entreprises camerounaises. Par exemple, le marché du bitume de la route N’Gaoundéré-Moundou distant de 250 km avait été attribué aux expatriés qui disposent de gros moyens financiers.

Baisse de l’influence politique sur les activités des entreprises privées.

B-    Sur le plan politique

Valorisation des compétences professionnelles.

Les entreprises privatisées pour des besoins de rentabilité minimisent les coûts salariaux en recourant à un personnel national compétent et compétitif. C’est l’exemple de CAMRAIL qui recrute de nombreux jeunes professionnels.

Recouvrement fiscal de l’Etat auprès des entreprises privatisées.

Spécialisation de l’Etat dans les problèmes sociaux (éducation, santé, sécurité…) tout en laissant l’entreprise aux destinées su secteur privé.

Réduction de corruption

L’afflux des capitaux permet à l’Etat de régler ses dettes envers l’extérieur.

II-                EFFETS NEGATIFS DE LA PRIVATISATION

Recherche exclusive de rentabilité sans tout à fait tenir compte de l’environnement. C’est par exemple le cas de HEVECAM dont les nouveaux repreneurs (expatriés) avaient promis de replanter 20 000 hectares d’hévéa chaque année pendant 10 ans pour lutter contre la déforestation. Mais, de 1996 à 2002, il n’y a que 3000 hectares qui ont été planté.

Licenciements et augmentation du chômage (baisse du pouvoir d’achat

Les opérateurs économiques nationaux sont le plus souvent marginalisés au profit des expatriés (INTELCAM) devenue CAMTEL, BICIC devenue BICEC) sous prétexte que les preneurs camerounais sont dépourvus de moyens financiers.

Elimination des entreprises locales du même secteur compte tenu de la puissance financière des groupes étrangers.

Coûts de restructuration élevés (l’Etat doit prendre en charge les structures de haut niveau chargées de concevoir et d’appliquer le plan de privatisation, régler les problèmes d’audit et déterminer les prix et les modalités de cessions).

Domination des partenaires locaux (fournisseurs, clients, banquiers)

Transfert de capitaux du Cameroun vers l’extérieur

La privatisation du secteur de la santé, de l’éduction aura des effets néfastes. En effet, elle permettra d’augmenter le nombre de personnes qui n’ont pas facilement accès aux soins de santé et celui des analphabètes. Car, les services privés de santé et d’éducation coûtent très chers.

III-             PRIVATISATION MENEE SAGEMENT

L’Etat ne doit privatiser les entreprises publiques qu’en cas de nécessité. Il ne doit pas le faire de façon anarchique. Il doit le faire pour répondre à des besoins spécifiques.

L’Etat ne doit pas privatiser les entreprises des secteurs stratégiques notamment du secteur minier, hydroélectricité (eau et électricité), du moins privatiser la commercialisation et non l’exploitation.

La population camerounaise a commencé à connaitre les problèmes de délestages depuis 2002 avec la privatisation de la SONEL devenue AES-SONEL. On se demande donc si la cession des entreprises stratégiques ne perturbe pas les paysages micro-économiques et macro-économiques d’une nation.

Comme le veut la libéralisation des échanges, la privatisation est incontournable. Mais, INTELCAM qui était à l’époque une société de télécommunication camerounaise a été curieusement cédée (privatisée) à France TELECOM qui est une société publique française. Cela laisse donc voir aux yeux du monde l’intérêt que porte la France sur ses secteurs stratégiques. Le Cameroun a donc intérêt à faire de même en arrêtant le processus en cours qui consiste à liquider la CAMTEL et la SNEC.

CONCLUSION

L’analyse portant sur la privatisation a fait état de son importance. Nous avons montré que d’après les institutions de Bretton Wood, la privatisation est l’un des moyens qui permet de rééquilibrer une énorme donnée. Notamment, sur le plan économique et politique. Singulièrement, elle permet de dynamiser le personnel et rendre l’économie compétitive. Sur le plan politique, la privatisation permet de restreindre la mission de l’Etat à son rôle régalien en laissant ainsi au secteur privé son domaine de compétence. Cependant, nous avons noté des inconvénients de la privatisation. En fin de compte, nous avons compris avec l’exemple patent de AES SONEL et de France TELECOM que la privatisation des entreprises d’un secteur stratégique n’aura pour effet que de déstabiliser la nation toute entière, car les entreprises publiques qui ont pour but de satisfaire l’intérêt générale du public, sont revendues au privé qui ne recherche qu’à maximiser son profit.

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